De la salle de classe à la carrière : Comment Upper Grand District School Board, St. Joseph’s Health Centre Guelph et le foyer de soins de longue durée Wellington Terrace ont mis sur pied un effectif en misant sur l’appartenance
À la suite de l’instauration couronnée de succès de la classe vivante au foyer St. Joseph’s Health Centre de Guelph, en 2024, Upper Grand District School Board (UGDSB) a étendu en septembre 2025 sa formation novatrice axée sur le modèle de classe vivante pour les préposé.e.s aux services de soutien à la personne (PSSP) à un deuxième établissement, soit le foyer de soins de longue durée Wellington Terrace situé à Fergus. Plus qu’un simple programme de formation, la classe vivante intègre directement l’enseignement, le mentorat et la mobilisation des résidents à la prestation quotidienne des soins de longue durée.
Modèle de prestation du programme
Les deux cohortes des foyers St. Joseph’s et Wellington Terrace œuvrent entièrement en personne, à temps partiel, les mardis et jeudis en soirée, ainsi qu’une fin de semaine sur deux, toute la journée, de septembre à mars. Les étudiant.e.s participent à trois stages cliniques durant la session. Chaque cohorte compte actuellement 19 étudiant.e.s.
Au foyer St. Joseph’s, le programme est passé d’un simple stage du programme de PSSP conventionnel de UGDSB à une expérience d’apprentissage pleinement intégrée dans le cadre de la classe vivante. La salle de classe réaménagée dans le foyer sert de lieu d’apprentissage permanent. L’apprentissage est structuré de façon à ce que les théories apprises et les compétences acquises en classe soient immédiatement mises en pratique dans les unités de soins de longue durée. Des professionnels de la santé comme des ergothérapeutes, des diététistes et des spécialistes du contrôle des infections participent à titre de présentateurs invités pour contribuer aux modules d’apprentissage et offrir leur expertise.
Au foyer Wellington Terrace, on a adapté le modèle au nouveau contexte tout en conservant la même philosophie de base. Le mentorat individualisé avec des précepteurs permet aux étudiant.e.s d’accroître leur confiance à l’égard de leurs compétences pratiques, tandis que leur participation aux activités sociales des résidents et aux initiatives familiales renforce leur sentiment d’appartenance au sein de l’établissement.
Dans les deux sites, le volet de l’emploi est intégré à la conception même du programme, dans le but d’embaucher les étudiant.e.s ayant obtenu leur diplôme directement dans les foyers de soins de longue durée.
L’apprentissage intégré en action
L’apprentissage pratique intégré est au cœur de chaque classe vivante. Après avoir commencé en observant simplement ce qui se passe dans les unités, les étudiant.e.s finissent par participer aux soins quotidiens comme l’habillement, l’alimentation et l’aide lors des activités cliniques, tout en profitant des conseils et du mentorat de leurs formateurs et précepteurs. L’apprentissage est structuré de manière à ce que les théories abordées en classe soient mises en pratique directement dans les unités, créant ainsi un cycle d’apprentissage complet. L’accent est mis sur la pratique réflexive, afin d’encourager les étudiant.e.s à réfléchir tant aux aspects techniques que relationnels des soins.
Les étudiant.e.s participent également à des activités sociales et familiales, y compris les événements sociaux des résidents et les initiatives de santé comme des cliniques de prise des signes vitaux et des séances de formation sur l’ÉPI. Ces activités permettent aux étudiant.e.s de tisser des liens avec les résidents, les familles et le personnel, et les résidents sont enchantés de la présence des étudiant.e.s.
Les éléments clés d’un partenariat couronné de succès
Le partenariat entre le conseil scolaire du district Upper Grand et les deux sites repose sur une communication constante, des rôles clairement définis et un engagement commun à l’égard de l’apprentissage. Des suivis réguliers, des séances de rétroaction axées sur la collaboration et des sondages effectués auprès des étudiant.e.s, des résidents et du personnel offrent constamment des possibilités d’harmonisation et d’amélioration. Des réunions hebdomadaires et des points de contact attitrés favorisent une communication rapide et un processus cohérent de résolution des problèmes.
En accordant la priorité à la collaboration, à la responsabilité partagée et à l’adhésion de tous les paliers de chaque organisme, les partenaires ont créé un modèle qui s’appuie sur la confiance et l’investissement mutuel.
L’intégration de membres expérimentés et bien branchés à l’équipe s’est révélée un facteur clé de la réussite de ce partenariat. Le fait de pouvoir compter sur Hannah, la formatrice du foyer Wellington Terrace, qui faisait déjà partie de l’équipe de l’établissement à titre d’infirmière autorisée et connaissait donc le personnel et les valeurs de l’organisme, a permis de lancer la classe vivante rapidement et efficacement.
Une culture de responsabilité partagée
Une culture de responsabilité partagée se trouve au cœur des deux sites de classes vivante. Dès le départ, l’accent a été placé sur l’investissement dans les gens et la création d’un sentiment d’appartenance où le personnel et les étudiant.e.s cultivent un sentiment de responsabilité partagée à l’égard du programme. Cette culture s’étend à l’ensemble de l’organisme, de la direction et du service des finances au personnel soignant de première ligne et aux résidents. La communication, en particulier au cours de la première année, est perçue comme un important investissement, car elle permet à chacun de comprendre le but et la valeur de la classe vivante ainsi que les attentes qui y sont associées. Cet investissement précoce continue de porter ses fruits, en ce sens que la collaboration devient de plus en plus fluide et intuitive. Le personnel et les résidents appellent les étudiant.e.s « nos étudiants et étudiantes de la classe vivante », et les comités des résidents et des familles contribuent activement à modeler l’expérience d’apprentissage.
Les ancien.ne.s des programmes de PSSP de UGDSB qui travaillent dans les deux foyers aident à renforcer le mentorat entre cohortes en reprenant contact avec leurs anciens formateurs et en soutenant les étudiant.e.s nouvellement arrivé.e.s. La direction et le personnel voient l’apprentissage non pas comme relevant d’un seul service, mais comme une composante de la culture de l’organisme et une responsabilité partagée pour surmonter les défis. Cette culture permet également aux membres du personnel de maintenir des normes d’excellence et les encourage à donner l’exemple aux étudiant.e.s et à jouer leur rôle en tant que spécialistes, mentors et modèles.
La célébration du succès
Au foyer St. Joseph’s, la première cohorte comptait 13 diplômé.e.s qui ont été immédiatement embauché.e.s comme PSSP par l’établissement. En outre, l’espace d’apprentissage dédié – pas seulement pour les étudiant.e.s du programme de PSSP, mais pour l’ensemble du personnel du foyer et au-delà – a représenté un énorme accomplissement et est manifestement un élément clé du perfectionnement professionnel dans le domaine des soins de santé.
Au foyer Wellington Terrace, le programme a fait l’objet d’une forte demande, plus de 100 personnes ayant présenté leur candidature pour seulement 19 places disponibles, ce qui témoigne d’un grand intérêt qu’il suscite.
L’instauration rapide de la classe vivante au foyer Wellington en seulement quelques mois met en lumière le pouvoir de la planification et de la collaboration : les rénovations ont été effectuées dans les délais impartis, le personnel a rapidement été intégré (la formatrice a été embauchée en juillet pour le lancement du programme en septembre), et les ressources principales, dont les espaces d’apprentissage dédiés et la formation du personnel, ont été mises en place.
Les étapes clés du programme sont célébrées de façon régulière (souvent avec de la pizza!), notamment la fin des laboratoires d’anatomie ou la remise de prix. Le fait de reconnaître et de récompenser le travail assidu des étudiant.e.s renforce leur engagement et leur motivation tout en contribuant à créer une culture positive.
« Le programme de classe vivante pour les PSSP a été une expérience vraiment gratifiante pour moi. En tant que mère occupant un emploi et toujours en mouvement, une formation à plein temps n’était pas envisageable. Lorsque j’ai vu que le programme de classe vivante était offert, j’étais un peu nerveuse à l’idée de m’y inscrire, mais j’ai réalisé qu’il m’offrait la possibilité de me dépasser. Ce programme m’a donné l’occasion de réussir dans un environnement accueillant, avec un horaire qui me convient. La classe vivante, qui permet d’acquérir l’expérience pratique dont on a besoin pour débuter notre carrière, est un espace où nous sommes encouragés, par notre formatrice aussi gentille que qualifiée, à poser des questions, à mettre en pratique nos compétences et à travailler ensemble. J’ai rencontré beaucoup de camarades formidables, qui proviennent de divers horizons, ont des expériences de vie très variées et se soutiennent les uns les autres. Je suis enthousiaste à l’idée de voir où me mènera cette aventure et reconnaissante de bénéficier de cette précieuse occasion. »
–Marion W., diplômée du programme de classe vivante pour les PSSP
Accent mis sur la viabilité
La viabilité est une importante considération pour les deux sites. Les salles de classe et les laboratoires dédiés, ainsi que les ressources de placement partagées par les foyers de Guelph et de Fergus, assurent la continuité à long terme du programme, tout comme le maintien de relations permanentes entre les communautés de Guelph et de Fergus, qui permet d’offrir de façon continue des occasions de placement aux étudiant.e.s.
Grâce à l’intégration des responsabilités et d’un sentiment de responsabilité partagée à l’égard de la classe vivante aux rôles des membres du personnel et aux services en place, le programme s’ancre dans les activités quotidiennes. S’appuyant sur une solide planification de la main-d’œuvre, une collaboration régulière des gestionnaires avec les partenaires éducatifs et des mesures de soutien générales, comme le transport, les programmes peuvent continuer à répondre aux besoins en constante évolution des étudiant.e.s. La publicité à l’interne a permis d’attirer dans le programme des membres du personnel qui travaillaient déjà dans les foyers, et les employé.e.s travaillant dans des services comme l’entretien ménager ont l’avantage de pouvoir conserver leur emploi pendant la journée tout en participant au programme de PSSP.
Les deux programmes, qui ont acquis une solide réputation, ont généré une forte demande et favorisé l’établissement de liens au sein de leur communauté respective.
Prochaines étapes
Assurer la qualité du programme tout en augmentant sa portée demande une planification minutieuse, une communication constante et une coordination réfléchie entre les sites. Les deux sites prévoient explorer d’autres milieux de stage et élargir l’offre de formation afin d’améliorer l’expérience étudiante, particulièrement à St. Joseph’s, où d’autres services, comme les soins palliatifs ou le programme de jour pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, pourraient fournir de nouvelles occasions de stage et expériences d’apprentissage. La direction privilégie une approche « lente et constante » axée sur une croissance durable qui préserve l’intégrité et l’impact du programme
Leçons apprises
- La souplesse et une communication ouverte et directe sont essentielles à la réussite du programme.
- Il es important d’offrir aux apprenant.e.s et au personnel des mesures de soutien générales d’ordre scolaire, affectif et pratique.
- Une communication intensive durant la première année favorise l’harmonisation et une plus grande fluidité des opérations pour les cohortes suivantes.
- Donner l’exemple des comportements attendus aux étudiant.e.s favorise une culture de respect et d’engagement.
- Des partenariats solides favorisent la collaboration et la confiance, alors que la consultation d’autres organismes permet de tirer des apprentissages des pratiques exemplaires et des diverses expériences.
- Des points de contact réguliers aident à éviter que de petits enjeux deviennent de graves problèmes.
- L’harmonisation des attentes dès le départ maintient la qualité du programme et la cohésion de l’équipe.
Conseils destinés aux nouvelles classes vivantes
- Collaborez avec les partenaires et assurez-vous d’être sur la même longueur d’onde concernant votre approche.
- Investissez d’abord dans les gens (étudiant.e.s, personnel et résidents). Le contact humain compte vraiment.
- Mettez en place une culture d’appartenance en intégrant pleinement les étudiant.e.s à la communauté du foyer.
- Établissez des attentes et des rôles clairs et maintenez un dialogue ouvert et continu tout en vous adaptant et en faisant preuve de souplesse.
- Encouragez la responsabilité partagée chez toutes les personnes concernées : les étudiant.e.s, les équipes de formation, le personnel et les résidents.
- Présentez la participation à la fois comme un privilège, une occasion et quelque chose de très spécial. Les étudiant.e.s doivent se sentir à la fois nécessaires et respecté.e.s. Comme l’a dit un membre du personnel : « Il s’agit de la plus longue entrevue d’emploi de leur vie. »





